L'origine du papier

Il tire son nom du mot latin papyrus, roseau jadis abondant en Egypte, dont l’écorce détachée en larges et légères bandelettes recevait l’écriture des anciens scribes. Le papyrus subsista jusqu’au XIème siècle de notre ère en Europe comme support à l’écriture. Son prix étant trop élevé, on préféra se servir de tablettes de cire, puis de peaux de chèvres et de moutons (parchemin), savamment préparées, jusqu’à l’emploi du papier de chiffon. Originaire de Chine, on rencontre ce dernier en 650 à Samarcande, en 800 à Bagdad, en 1100 au Caire. Il longe alors le rivage africain, traverse la Méditerranée, et durant des années ne dépasse pas le Languedoc…

Au cours de son long périple, il se transforme : aux écorces de mûrier, aux fibres de bambou employées par les Chinois, les Turcs préfèrent le linge usé et les vieux cordages.

La fabrication

Le changement de support ne modifie pas sa fabrication, qui dans les grandes lignes consiste à réduire les éléments de base en pâte, en bouillie, recueillir ce liquide sur un tamis où les parcelles en suspension se déposent, s’agglutinent tandis que la partie fluide s’échappe en filtrant à travers les mailles, et ne laisse qu’une fine couche blanchâtre qui se solidifie, se dessèche et forme… une feuille de papier. Tel est le principe qui l’on a appliqué au chiffon, chez nous, jusqu’au XVIIe siècle.

Les feuilles s’obtiennent à l’aide de formes, châssis en bois, dont le fond est garni d’une toile métallique. Rappelons ci-après certaines caractéristiques liées à leur création.

Les types de papier

Pour la fabrication du papier vergé, la toile métallique est composée de menus fils de laiton, de « vergettes » très rapprochées nommées vergeures, et coupées perpendiculairement par d’autres fils de laiton plus espacés, les pontuseaux. Sur ce fond, est entrelacé un autre mince fil de laiton affectant la forme d’un objet ou des initiales du fabricant : c’est le filigrane.

Cette marque représentait autrefois un symbole qui a donné son nom aux divers formats de papier : pot, cloche, couronne, grand aigle, raisin, écu, jésus, etc…

Pour la fabrication du papier vélin, ainsi nommé parce qu’il a la transparence et l’aspect de l’ancien vélin véritable, provenant de la peau de jeunes veaux, la forme est simplement dotée d’une toile métallique très fine. Ce papier se présente sans grain, très uni, lisse et satiné. C’est au célèbre imprimeur John Baskerville (1706-1775) qu’est due l’invention du papier vélin.

Le papier de Hollande, en dépit de son nom est d’invention et de fabrication française : après la révocation de l’édit de Nantes, des protestants français portèrent leur industrie et leurs procédés au Pays-Bas… De bonne qualité, de pur fil, il est résistant, ferme, sonore et d’un bel aspect.

Le papier de Chine s’obtient avec l’écorce de bambou. Il a une teinte grise ou jaunâtre. Il est mince, spongieux, doux et brillant comme un foulard de soie, et recherché pour le tirage des gravures.

Le papier japon provient de l’écorce d’arbrisseaux de la flore japonaise dont les fibres sont molles, souples, longues et solides. Il est blanc ou légèrement teinté en jaune, soyeux, satiné, nacré, à la fois transparent et épais.

Le signe de la qualité

Le papier est l’élément essentiel et fondamental du livre. Aussi, les Éditions du Rameau d’Or attachent une importance capitale à la qualité de celui qui intervient dans la réalisation de ses ouvrages destinés aux collections des bibliophiles.